Entamée le 22 octobre, la mission du Fonds Monétaire International (FMI) à Dakar devrait s’achever ce mardi 4 novembre. Elle fait suite au démarrage officiel des négociations, pour la conclusion d’un nouveau programme avec le Sénégal, qui ont débuté lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale.
Le Fonds Monétaire International (FMI) a prolongé de plusieurs jours sa mission au Sénégal, a annoncé un porte-parole mardi 4 novembre 2025, selon une dépêche de l’agence Reuters signée par Portia Crowe, avec la contribution de Libby George et Anait Miridzhanian.
L’équipe du FMI se trouve à Dakar depuis le 22 octobre pour des négociations entamées le mois dernier sur un nouveau programme de soutien financier. Ces discussions interviennent dans un contexte économique particulièrement délicat pour ce pays d’Afrique de l’Ouest, confronté à une crise de la dette sans précédent.
« Notre visite a été productive jusqu’à présent, et nous poursuivons les discussions sur les politiques et les réformes qui pourraient soutenir la demande des autorités pour un programme appuyé par le FMI », a déclaré le porte-parole du Fonds à Reuters. Une déclaration finale sera publiée à l’issue de la visite, a-t-il précisé.
Cette prolongation témoigne de la complexité des négociations en cours entre l’institution de Bretton Woods et les autorités sénégalaises. Les deux parties tentent de trouver un terrain d’entente sur les mesures à mettre en œuvre pour redresser la situation financière du pays.
Le contexte de ces négociations est marqué par la découverte en 2024 d’une dette cachée considérable. Le FMI avait alors gelé le précédent programme de prêt de 1,8 milliard de dollars accordé au Sénégal, après que les nouveaux dirigeants fraîchement élus aient mis au jour des milliards de dettes non déclarées par l’administration précédente.
Depuis, l’ampleur du désastre financier n’a cessé de se préciser. La dette cachée du Sénégal a explosé pour atteindre plus de 11 milliards de dollars. Le FMI estime désormais que le ratio dette/PIB du pays – incluant la dette du gouvernement central, celle des entreprises publiques et les arriérés domestiques – s’élevait à 132% fin 2024.
Ce niveau d’endettement, largement supérieur aux seuils de soutenabilité recommandés pour les économies émergentes, place le Sénégal dans une situation financière critique qui nécessite des mesures d’urgence.
Les investisseurs internationaux sont divisés sur la question de savoir si le FMI exigera du Sénégal une restructuration ou un reprofilage de sa dette pour la rendre soutenable. Une telle mesure, bien que potentiellement nécessaire d’un point de vue technique, suscite la réticence des dirigeants sénégalais, note Reuters.
Une restructuration impliquerait des négociations avec les créanciers pour modifier les termes de remboursement, voire obtenir des annulations partielles de dette. Le reprofilage consisterait à étaler les échéances sur une période plus longue. Dans les deux cas, ces options comportent des risques politiques et économiques importants pour le gouvernement en place.
Le Sénégal se trouve ainsi à la croisée des chemins : accepter des mesures drastiques pour restaurer la viabilité de ses finances publiques, ou tenter de négocier un arrangement qui préserverait davantage sa marge de manœuvre politique, au risque de prolonger l’incertitude économique.
L’issue de ces négociations prolongées déterminera non seulement l’accès du pays aux financements internationaux, mais également sa crédibilité auprès des investisseurs et sa capacité à financer ses projets de développement dans les années à venir.


