Son nom s’impose sans bruit. Impossible de le passer sous silence lorsqu’on parle de santé publique à Ziguinchor. Les réalisations de Youssouph Tine y font tâche d’huile. Sous son impulsion, la Direction régionale de la Santé change de visage. Les infrastructures sont améliorées, les équipements renforcés, le parc automobile modernisé.
Son action se traduit aussi par des réalisations structurantes. Il dirige et coordonne la mise en place d’une unité de chimiothérapie dédiée aux cancers gynécologiques, aujourd’hui à vocation sous-régionale. Cette unité accueille des patientes venues de Ziguinchor, de Sédhiou, de Kolda, mais aussi de la Gambie et de la Guinée-Bissau.
Il impulse l’installation d’une antenne régionale du Service d’Assistance Médicale d’Urgence, améliorant la régulation et la coordination des urgences. Il est également à l’origine de la fonctionnalité des blocs opératoires SONU dans quatre centres de santé sur cinq, une avancée majeure qui a contribué à une réduction notable de la mortalité maternelle.
𝐃𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭𝐬 𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐚𝐮 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬
Son empreinte à Ziguinchor dépasse les infrastructures. Il engage la Casamance dans un projet structurant de développement de la chirurgie pédiatrique, fondé sur une analyse situationnelle menée avec les Hôpitaux universitaires de Genève. Cette trajectoire auréolée de succès à répétition est reconnue à sa juste valeur jusqu’au sommet de l’État.
Le médecin-colonel Youssoupha Tine a été élevé en 2023 au grade de Chevalier de l’Ordre national du Lion par le Président de la République. Cette distinction vient consacrer un engagement continu au service de la santé publique.
À cette reconnaissance nationale s’ajoutent d’autres distinctions, obtenues au fil des combats menés. Diplôme d’honneur « Ken Ment » en 2024 pour son expertise dans la lutte contre les maladies non transmissibles. Distinction « Kangam xééx kagnseer » en 2022 pour son engagement contre le cancer. Titre de « Jambaar » de la lutte contre le paludisme en 2018. Autant de marques qui en disent long sur son engagement constant et sa détermination sans faille.
𝐔𝐧𝐞 𝐞𝐱𝐩𝐞𝐫𝐭𝐢𝐬𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐮𝐞 𝐚𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀ 𝐝𝐞 𝐙𝐢𝐠𝐮𝐢𝐧𝐜𝐡𝐨𝐫
Son nom transcende la ville des manguiers. Durant la Covid-19, il a piloté la riposte dans la région et assuré le contrôle sanitaire aux frontières aériennes à l’aéroport international Blaise Diagne. Par ailleurs, Il a également pris part aux évaluations conjointes externes du Règlement sanitaire international en 2022 et 2023 au Sénégal.
Mais cette capacité à transformer les territoires ne date pas de Ziguinchor. Avant cela, de 2014 à 2020, Youssouph Tine était médecin-chef du district sanitaire de Popenguine. Là aussi, les résultats parlent. Il a coordonné les structures de santé du district, amélioré les indicateurs de santé maternelle et infantile, équipé et rendu fonctionnels les blocs de soins obstétricaux d’urgence.
Youssouph Tine a aussi renforcé la surveillance communautaire des maladies en impliquant les tradipraticiens. Il impulse une dynamique communautaire forte à travers la création d’associations de santé et de comités de mères, jetant les bases d’une assurance maladie communautaire.
𝐋𝐞 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞́ 𝐝𝐞𝐬 𝐀𝐫𝐦𝐞́𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐥𝐞
Avant Popenguine, son parcours s’est construit au sein du Service de santé des Armées, où il gravit progressivement les échelons. Médecin-chef adjoint puis médecin-chef de la zone militaire numéro 6 à Kolda entre 2008 et 2012. Médecin-chef de la zone militaire numéro 3 à Kaolack entre 2010 et 2012.
Médecin-chef du Bataillon des sports à Dakar en 2014. À chaque poste, il planifie, organise, coordonne et assure le soutien sanitaire des troupes, en contexte opérationnel comme en temps de paix. Depuis avril 2022, il est spécialiste du Service de santé des Armées, spécialisé en santé publique.
Son parcours est aussi jalonné de formations internationales et de missions à l’étranger, notamment en Éthiopie, au Japon, en Roumanie, en Chine, en France, en Suisse et dans plusieurs pays africains.
Il a participé à des congrès, ateliers régionaux et réunions stratégiques, dont l’Assemblée mondiale de la Santé à Genève et le congrès de l’Association américaine de médecine tropicale et d’hygiène.
𝐔𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐚𝐜𝐚𝐝𝐞́𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐞 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮
Cette trajectoire professionnelle s’appuie sur un cursus académique solide et continu. Youssouph Tine obtient son baccalauréat série C en 2000 au lycée Thierno Saïdou Nourou Tall. Il décroche ensuite un doctorat d’État en médecine en 2008 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il se spécialise en santé publique avec un Diplôme d’études spécialisées obtenu en 2018 à l’Institut de Santé et Développement de lUCAD, couvrant l’épidémiologie, la biostatistique, la planification et la gestion des programmes de santé, les systèmes de santé, la recherche opérationnelle et la santé communautaire.
Il a renforcé son expertise avec un Master 2 en épidémiologie en 2024 dans le même institut.
À ce socle académique s’ajoute un engagement constant dans la formation et l’enseignement. Il intervient à l’Université Assane Seck de Ziguinchor depuis l’année académique 2021-2022. Il a été chargé de mission à la chaire de médecine préventive de l’Institut Santé et Développement (ISED) entre 2019 et 2020, dispensant des enseignements en épidémiologie et encadrant des travaux de recherche.
Du terrain militaire aux districts sanitaires, des salles de cours aux directions régionales, des urgences épidémiques aux politiques publiques, Youssouph Tine avance avec une même constance. Là où il passe, les systèmes se structurent, les indicateurs évoluent et les bases se consolident. Un parcours sans rupture, construit pas à pas, qui continue aujourd’hui de s’écrire à Ziguinchor.

